Salle de presse

Le commerce transfrontières: de la stratégie à l'action – Réunir les partenaires pour œuvrer ensemble à la mise en œuvre

Kigali, 1er décembre 2016

Les partenaires de développement qui appuient les interventions en matière de commerce transfrontières au Rwanda se sont réunis pour la première fois pour discuter de la manière de coordonner l'aide à la mise en œuvre de la stratégie nationale sur le commerce transfrontières.

 

 

 

Le dialogue positif organisé conjointement par le Ministère du commerce, de l'industrie et des affaires d'Afrique de l'Est (MINEACOM) et le Cadre intégré renforcé (CIR) était présidé par le Ministre du MINEACOM, S.E. M. François Kanimba, et incluait des exposés d'experts de la Banque africaine de développement (BAfD), du Département de la coopération internationale (DFID), du CIR, de la Banque nationale du Rwanda, de Pro‑femme Twese Hamwe, de TradeMark East Africa (TMEA) et de la Banque mondiale.

 

 

 

Le commerce transfrontières est apparu comme un domaine d'action prioritaire dans l'Étude diagnostique sur l'intégration du commerce (EDIC), laquelle soulignait en particulier l'importance de la présence de marchés frontaliers. Pour mieux identifier les domaines d'intervention, le Rwanda a élaboré une stratégie nationale sur le commerce transfrontières qui a défini les orientations de l'action gouvernementale et du soutien des partenaires de développement.

 

 

 

Ouvrant les discussions de l'atelier, M. Robert Opirah, s'exprimant au nom du Secrétaire permanent du MINEACOM, a fait une présentation générale expliquant comment le commerce transfrontières avait été intégré dans les stratégies de développement du Rwanda, et dit ce qui suit: "Le commerce transfrontières est un exemple de réussite dont nous sommes très fiers au MINEACOM. Il a une incidence considérable sur la croissance et le développement. Il vise particulièrement les collectivités frontalières, fait beaucoup pour la promotion des femmes et contribue à l'intégration régionale, avec des retombées positives sur la paix dans la région."

 

 

 

L'atelier sur le commerce transfrontières s'est tenu parallèlement à la vingt‑troisième réunion du Conseil du CIR à Kigali eu égard au rôle que joue le CIR pour soutenir cette zone du Rwanda. M. Ratnakar Adhikari, Directeur exécutif du Secrétariat exécutif du CIR, a dit ce qui suit: "Il est clair que le commerce transfrontières est un élément qui renforce le mandat du CIR. Le commerce transfrontières fonctionne avec ceux qui en ont le plus besoin, en impactant directement le volume des échanges, et soutient particulièrement les groupes vulnérables, y compris de nombreuses femmes qui ont une activité commerciale."

 

 

 

M. Adhikari a ajouté: "En tant que partenariat du CIR, nous sommes heureux d'avoir accompagné le Rwanda sur la voie du développement du commerce transfrontières. C'était un élément clé pour le Rwanda sur lequel l'EDIC avait insisté, et nous avons pu poursuivre cette voie en concevant un projet dès que la stratégie sur le commerce transfrontières a été élaborée."

 

Au nom de l'Unité chargée du commerce transfrontières du MINEACOM, M. Zephanie Muhigi a souligné que le commerce transfrontières favorisait une interconnexion générale grâce aux marchandises échangées. Il a fourni des exemples de plusieurs produits faisant l'objet d'échanges transfrontières, allant de produits de l'agriculture et de l'élevage à d'autres produits issus des secteurs agroalimentaire et manufacturier. Il a souligné la nécessité de s'élever dans la chaîne de valeur et d'élargir la gamme des produits, en particulier ceux qui ont un fort potentiel de réduction de la pauvreté. Il a aussi insisté sur la nécessité de simplifier les opérations à la frontière grâce au cadre de coordination, l'Unité chargée du commerce transfrontières, et d'adopter un plan d'exécution concerté et commun pour la stratégie. Certaines évolutions, telles que le portail pour le commerce transfrontières, ont aussi été décrites. L'exposé a été complété par des témoignages de membres de coopératives pratiquant le commerce transfrontières et bénéficiant d'un soutien du CIR dans le cadre de projets mis en œuvre aux passages frontaliers de Cyanika et Karongi.

 

 

 

Ouvrant la discussion d'experts, la Directrice de pays de TradeMark East Africa, Mme Patience Mutesi, a expliqué la manière dont son organisation soutenait les marchés frontaliers, offrant des services d'information sur les marchés et mettant en place des guichets uniques aux frontières. Le représentant de pays de la BAfD, M. Bernis Byamukama, a souligné que la Banque portait au commerce transfrontières au Rwanda un vif intérêt dont témoignait le financement de routes permettant de se rendre dans les zones frontalières et la construction de deux centres commerciaux transfrontières pour améliorer l'intégration régionale en Afrique, en reliant le Rwanda à ses voisins tout en facilitant les affaires pour les négociants des régions frontalières. Le Directeur des statistiques de la Banque nationale du Rwanda, M. Wilson Kamali, a décrit comment la banque avait encouragé la collecte et la diffusion de données sur le commerce transfrontières informel par la réalisation à intervalles réguliers d'enquêtes, composante essentielle de la stratégie sur le commerce transfrontières. Il a en outre souligné la manière dont le suivi du commerce transfrontières informel et l'automatisation de la collecte des données avaient contribué à une information en temps réel au Rwanda.

 

 

 

M. Simon Hess, Coordonnateur du SE pour le Rwanda, a expliqué la valeur du partenariat du CIR pour renforcer le commerce transfrontières au Rwanda, soulignant la manière dont les partenaires s'étaient réunis à cette fin pour coordonner leur soutien, en reliant commerce et développement dans l'intérêt des communautés frontalières. "Il y a une opportunité unique de changer de manière systémique le visage du commerce informel grâce à la force de feu et aux ressources qui ont été consacrées par la Banque mondiale, TMEA, la BAfD, le CIR, un certain nombre d'ONG, le COMESA et d'autres", a‑t‑il dit, tout en insistant sur la façon dont l'aide du CIR s'articulait aussi efficacement que possible avec les autres programmes exécutés dans ce domaine. "Nous cofinançons six fonctionnaires de district pour l'unité chargée du commerce transfrontières", a-t-il dit, tout en soulignant la difficulté de la tâche consistant à continuer de mettre l'accent sur la cohérence et la coordination entre les partenaires de développement œuvrant à la promotion du commerce transfrontières.

 

 

 

De son côté, la Secrétaire exécutive de Pro‑femme Twese Hamwe, Mme Emma Marie Bugingo, a expliqué comment Pro‑femme aidait les femmes à entrer dans des coopératives pour tirer pleinement parti du commerce transfrontières alors qu'elles se heurtaient à plus d'obstacles non tarifaires que les hommes. Elle a aussi insisté sur l'importance de l'ajout de valeur pour les femmes pratiquant le commerce transfrontières, qui était essentiel pour qu'elles parviennent à une autonomie économique. Quant au rôle de Pro‑femme, elle a dit que l'organisation intervenait dans 9 districts et soutenait les femmes dans 15 régions frontalières avec l'aide de TMEA. M. Kato Kimbugwe, représentant le DFID dans son rôle de Facilitateur des donateurs du CIR et principale entité de financement de TMEA, a souligné les résultats très importants obtenus grâce à l'appui du DFID, y compris la création de guichets uniques à la frontière qui ont permis de réduire de 25% les délais sur place. Il a aussi évoqué l'importance qu'accordait le DFID à la durabilité en recherchant des financements auprès du secteur public en plus du soutien fourni par le CIR, la Banque mondiale et TMEA en faveur du commerce transfrontières.

 

 

 

Le spécialiste des pratiques commerciales de la Banque mondiale, M. Paul Brenton, a appelé l'attention sur les enseignements tirés de la mise en œuvre par la Banque mondiale du Projet de facilitation du commerce dans la région des Grands lacs, qui s'attaquait aux problèmes d'accès aux marchés régionaux, en particulier pour les petits négociants. Selon lui, il était essentiel d'assurer l'accès au financement et de tirer parti de l'innovation numérique pour obtenir une information en retour, ce qui contribuera aussi à combattre le harcèlement dont sont victimes les femmes dans les régions frontalières, ainsi que d'améliorer l'infrastructure dans ces régions pour développer les services à l'appui du commerce transfrontières au Rwanda et dans les pays voisins de la Communauté d'Afrique de l'Est. Il a souligné que le commerce informel n'était pas synonyme de commerce illicite et qu'il était donc essentiel de soutenir les négociants pratiquant le commerce transfrontières à petite échelle ainsi que les travaux entrepris pour réduire les coûts des transactions commerciales.

 

 

 

À l'issue des discussions, il a été convenu d'élaborer une approche commune et coordonnée qui rassemble les différents partenaires de développement pour mettre en œuvre une stratégie en matière de commerce transfrontières.

 

 

 

Suscitant un vif intérêt et la participation active du Ministère de la promotion des femmes, de l'ITC et de l'ONUDI, entre autres, l'atelier a permis une réflexion sur les possibilités de soutien coordonné plus concret en faveur du commerce transfrontières. Au nom du Conseil du CIR, le Président par intérim, Coordonnateur du Groupe des PMA à l'OMC et Ambassadeur du Bénin à Genève, S.E. M. Eloi Laourou, a fait une déclaration insistant sur la manière dont le programme du CIR reposait sur les partenariats. Il a ajouté ce qui suit: "La question du commerce transfrontières est importante pour de nombreux pays du CIR. Ce que nous avons vu et entendu aujourd'hui témoigne de l'impact que peut avoir une approche cohérente et structurée, mise en œuvre dans le cadre d'une vision stratégique, d'un leadership et d'un processus solide d'établissement de priorités et de mobilisation des ressources. Je suis sûr que les pays du CIR, nos organisations partenaires et les donateurs du CIR en auront tiré des enseignements qui contribueront sans doute à encourager et dynamiser la façon dont nous soutenons ceux qui pratiquent le commerce transfrontières dans nos pays."

 

 

 

S.E. M. Kanimba a conclu l'atelier en soulignant la nécessité d'intégrer le principe d'une optimisation des ressources lors de la mise en œuvre des différents projets transfrontières financés par les partenaires de développement. Il a ajouté qu'il était aussi indispensable maintenant d'aborder la question du commerce transfrontières des services au Rwanda. "Les centres d'échanges transfrontières devraient être gérés suivant un modèle de partenariat public‑privé", a dit le Ministre, pour assurer le fonctionnement durable des marchés transfrontières mis en place.

 

 

 

L'atelier sur le commerce transfrontières a été suivi par une conférence de presse menée par le Ministre, auquel se sont joints S.E. M. Eloi Laourou, Facilitateur des donateurs du CIR, M. Kato Kimbugwe, M. Antti Piispanen, du Ministère des affaires étrangères de la Finlande, et M. Ratnakar Adhikari. Les questions ont surtout porté sur la meilleure façon de soutenir le développement et la croissance économique du Rwanda et l'autonomisation économique des femmes, et de favoriser la réalisation de la vision qu'a le Rwanda de la mise en œuvre des objectifs de développement durable. Les médias ont aussi été invités à accompagner le Ministre et la délégation du Conseil du CIR à une visite sur le terrain à Karongi, l'un des deux marchés transfrontières bénéficiant du soutien du Programme du CIR.

 

Notes à l'intention des journalistes:

 

 

 

Le CIR est un fonds d'affectation spéciale multidonateurs qui fournit une aide financière et technique pour renforcer les capacités commerciales des 48 PMA existants et de 3 pays récemment sortis de cette catégorie. Le CIR, dont l'administration est installée dans les locaux de l'OMC, est le seul programme mondial d'Aide pour le commerce exclusivement destiné aux PMA et se trouve de ce fait exceptionnellement bien placé pour aider les pays à mettre au point des stratégies commerciales durables ayant un impact positif sur le bien-être des populations grâce à la promotion du développement du secteur privé et à la création de possibilités d'emploi et de revenu.

 

 

 

Pour plus de renseignements, veuillez contacter eif.secretariat@wto.org(link sends e-mail) ou info@minicom.gov.rw(link sends e-mail) ou consulter les adresses www.enhancedif.org et www.minicom.gov.rw(link is external).