L'effet ricochet: comment des petits investissements ont rapporté des gains durables importants en Gambie

La Gambie étant un petit pays, elle doit faire preuve d'innovation pour maximiser son potentiel commercial en dehors de son marché intérieur. Le programme du CIR a joué un rôle clé pour ce qui est de mettre le commerce en action, en utilisant un cadre coordonné pour travailler avec les communautés rurales et améliorer leurs moyens de subsistance en répondant à leurs besoins par des projets solides qui peuvent attirer de nouveaux investissements. Les différents ministères et les parties prenantes dans tout le pays ont pris les commandes du programme commercial, démontrant à quel point des politiques commerciales propices et le renforcement des capacités des institutions à agir sur le commerce peuvent transformer radicalement la réalité sur le terrain.

La Gambie bénéficie d'une plate‑forme commerciale commune solide et d'un large soutien de la part des institutions partenaires et des communautés locales, ce qui contribue à faire en sorte que les efforts nationaux de développement déployés s'inscrivent dans la durée et à donner une impulsion croissante au programme commercial. En menant le processus et en bénéficiant du soutien du programme du CIR dès 2006, la Gambie a mis en place des structures et des stratégies bien définies pour le commerce et l'Aide pour le commerce. La politique commerciale nationale de la Gambie; la stratégie d'exportation nationale; l'étude diagnostique sur l'intégration du commerce (EDIC) et sa mise à jour, menées par la CNUCED; le Programme à moyen terme (PMT); et le Programme d'accélération de la croissance et de l'emploi de la Gambie (prolongé jusqu'en 2016) ont servi de plate‑forme nationale solide, avec des priorités claires et des lignes de conduite concertées en matière de développement du commerce, d'emploi et de réduction de la pauvreté.

Dans le cadre du projet de renforcement des capacités institutionnelles du CIR, plus de 24 dons ont été accordés à diverses parties prenantes afin de renforcer et de soutenir les capacités institutionnelles des associations professionnelles et des ministères d'exécution pour mettre en œuvre les priorités recensées dans l'EDIC de la Gambie et sa mise à jour. Au titre du projet, une assistance a été fournie aux principaux partenaires concernés, y compris à des organismes et départements publics tels que: le Département de la pêche; l'Administration des ports de Gambie; l'Institut national de recherche agricole; le Comité national du Codex et des affaires sanitaires et phytosanitaires; la Commission sur la concurrence de la Gambie; l'Agence de promotion des investissements et des exportations (GIEPA); et le Bureau des normes de la Gambie. Dans le secteur privé, les principaux partenaires concernés sont notamment: l'Association des producteurs et exportateurs de produits horticoles de Gambie; l'Association nationale des producteurs de noix de cajou; l'Association nationale des agricultrices; l'Association des petites entreprises du tourisme; la Chambre de commerce et d'industrie de la Gambie; l'Alliance gambienne du cajou; l'initiative "Gambia Is Good"; et de petites et moyennes entreprises (PME) de transformation de produits alimentaires.

Les PME ont reçu un soutien de plus en plus important, sous la forme de financements accordés à plusieurs entreprises et à la GIEPA, laquelle assiste les PME ainsi que les microentreprises et accueille dans ses locaux le Groupe de travail du secteur de la noix de cajou, chargé de mettre en œuvre la Stratégie d'exportation et de développement du secteur de la noix de cajou (2014‑2019). Un soutien supplémentaire a aussi été déployé afin de renforcer les institutions et les capacités du partenariat public‑privé (PPP) en tant que stratégie majeure pour financer les infrastructures publiques en encourageant la concertation en matière de développement du PPP, en collaboration avec la Direction du PPP au Ministère des finances et des affaires économiques et avec la Chambre du commerce et de l'industrie de Gambie. Un soutien similaire a été apporté à l'initiative de réseautage innovante "D'entreprise à entreprise", sous l'égide de la GIEPA entre autres. Le soutien apporté par le CIR au secteur privé a été consacré notamment à une formation en matière d'innocuité et de qualité des produits alimentaires à l'intention de l'Association des producteurs de Gambie et de la GIEPA en vue d'encourager la production de valeur ajoutée dans le secteur de la noix de cajou par le biais du transfert des techniques de transformation aux agriculteurs et aux groupes de transformateurs des régions de la côte ouest et de la rive nord.

Les dons accordés donnent une impulsion et offrent de nouvelles perspectives aux projets, contribuent à renforcer la confiance que les partenaires placent dans le programme du CIR pour favoriser la croissance, et posent des bases solides pour d'autres projets de renforcement des capacités sur le plan de l'offre à venir, tels que le projet sur les noix de cajou, les arachides et le sésame. De la même manière, la conception qu'a la Gambie du renforcement des capacités lui a permis d'entreprendre une série d'interventions globales qui ont largement contribué à développer la chaîne de valeur de la noix de cajou, des arachides et du sésame.

Complété par un autre projet sectoriel du CIR consacré aux noix de cajou, aux arachides et au sésame, et dans le cadre de l'initiative du gouvernement visant à améliorer la sécurité alimentaire et à promouvoir une production agricole durable, le projet relatif aux noix de cajou vise à augmenter la valeur des ventes de 3% grâce à de nouveaux débouchés à l'exportation, à une diversification des produits, à une augmentation de la valeur ajoutée, à une amélioration de la qualité et à un renforcement des institutions d'appui au secteur. Avec l'appui de l'ITC en matière de mise en œuvre, des stratégies spécifiques pour le développement du secteur sont à présent en place, et le développement du secteur du tourisme de la Gambie s'est accéléré grâce à ces produits cultivés dans le pays, de plus en plus de produits locaux étant vendus à des hôtels et à des restaurants.

Des écoles paysannes de terrain ont également été mises en place afin d'apporter une formation et des connaissances sur les arachides à l'Association des services agro‑industriels et des producteurs de l'agro‑industrie, sur le sésame à l'Association nationale des agricultrices, et sur les noix de cajou à l'Alliance gambienne du cajou. En 2015, 550 agriculteurs ont appris à cultiver des arachides, des noix de cajou et du sésame de meilleure qualité dans ces écoles. Plus de 1 300 agriculteurs ont bénéficié de ces formations depuis le lancement du projet en 2012.

Les projets financés par le CIR ont encouragé le développement de normes nationales par le Bureau des normes de la Gambie et la mise en fonctionnement de l'Autorité de sécurité sanitaire et de qualité des produits alimentaires de la Gambie pour améliorer la mise en conformité et accroître l'accès aux marchés régional et international. Le laboratoire de l'Institut national de recherche agricole consacré à l'aflatoxine a aussi reçu un soutien lors de son accréditation  ISO/CEI 17025 et a été équipé pour surveiller la lutte contre la maladie et soutenir la production des semences. En partenariat avec l'ITC et l'Autorité de sécurité sanitaire et de qualité des produits alimentaires, des études relatives aux aflatoxines dans la chaîne alimentaire et des recherches portant sur la gestion des risques en matière de sécurité sanitaire des produits alimentaires ont été menées, ainsi que des formations relatives aux bonnes pratiques agricoles; au stockage approprié pour un meilleur contrôle de l'aflatoxine; et aux bonnes pratiques en termes de fabrication et d'hygiène dans la chaîne de valeur des noix de cajou, des arachides et du sésame.

Trois transformateurs de noix de cajou ont adopté de nouvelles technologies de conditionnement (machines de conditionnement, nouveaux emballages pour les consommateurs avec des fermetures à glissière et étiquettes informatives pourvues de codes‑barres), ayant la capacité d'emballer et d'étiqueter 200 produits en 2 heures. De ce fait, les entreprises peuvent à présent vendre leurs produits aux supermarchés et aux hôtels. De plus, sept entreprises ont achevé le processus de mise en œuvre de l'analyse des risques et maîtrise des points critiques. Grâce à un partenariat avec l'ITC et le Réseau non gouvernemental européen sur l'agroalimentaire, le commerce, l'environnement et le développement (RONGEAD), la Gambie possède désormais un bulletin d'information hebdomadaire sur le marché de la noix de cajou.

Un centre de référence et d'information commerciale a vu le jour afin de fournir un appui au secteur privé, y compris aux producteurs agricoles, aux transformateurs, aux exportateurs, aux représentants du secteur et aux décideurs, en permettant à ces derniers d'avoir accès aux renseignements commerciaux et de mieux les comprendre. Les décideurs, les producteurs, les entreprises de transformation et les exportateurs de noix de cajou, d'arachides et de sésame font à présent partie d'un service d'information commerciale de plus en plus vaste, qui comprend un portail d'information (www.gambiatradeinfo.gov.gm). Un centre de ressources sur l'emballage a aussi été créé au sein de la Chambre de commerce et d'industrie de la Gambie afin de constituer des réseaux entre fournisseurs d'emballages, transformateurs et experts dans ce domaine.

Dans le cadre du CIR, des efforts sont actuellement en cours en vue d'aider le gouvernement à mobiliser des ressources supplémentaires auprès des partenaires de développement pour mettre en œuvre le PMT et développer des secteurs stratégiques tels que la pêche, l'horticulture et le tourisme. Des stratégies sectorielles ont été élaborées pour le cajou et le sésame, avec des fiches de projets et, après consultation avec le Ministère des finances et des affaires économiques au titre du 11ème Fonds européen de développement (11ème FED), la possibilité est envisagée d'inclure ces stratégies sectorielles dans le prochain programme. Par ailleurs, certaines activités clés en lien avec le commerce ont été intégrées dans le 11ème FED validé, lequel traite des difficultés rencontrées dans les secteurs de la pêche, des arachides, des noix de cajou et du sésame en termes de qualité et de commercialisation. Ces efforts ont reçu le soutien de la Turquie, facilitateur des donateurs du CIR en Gambie, dont le rôle particulier dans la mise en œuvre du Programme d'action d'Istanbul en faveur des pays les moins avancés ouvre la perspective d'un plus grand engagement de la part des partenaires non traditionnels dans le monde entier.

Appuyée par le CIR, la Gambie a instauré un dialogue avec un large éventail de parties prenantes, allant des représentants de la société civile aux secteurs public et privé, contribuant ainsi à renforcer la capacité commerciale et à stimuler la productivité des secteurs prioritaires. Étant donné la très faible présence de donateurs bilatéraux en Gambie, faire appel aux partenaires de développement pour obtenir une aide signifie qu'il faut mobiliser des ressources pour répondre aux besoins les plus urgents en matière de développement en menant des activités de sensibilisation innovantes, y compris en tirant parti des possibilités d'organiser des discussions sous forme de tables rondes concernant le commerce. Les séries d'interventions financées par le CIR afin de développer le secteur de la noix de cajou ont eu un effet de ricochet sur beaucoup d'autres secteurs et institutions, y compris le tourisme et la pêche, permettant à la Gambie de diffuser ses résultats et d'élargir son influence afin d'atteindre et d'aider davantage de bénéficiaires pauvres issus des milieux ruraux.